Historique du Musée Omega

"What is past is prologue. Study the past!", ou "Pour comprendre le présent, étudiez le passé !"

Cet apho­ris­me impératif n'est pas une boutade : il est gra­vé dans la pier­­re à l'entrée du monumental bâ­timent des Ar­chi­ves fé­­dé­ra­les américaines de Washington. A mé­di­ter, car il est plein de sagesse et, comme disait le général de Gaul­­­le, … les peuples qui n'ont pas de mémoire n'ont pas d'ave­nir !

Ome­ga s'est inspirée de ces sentences pour s'efforcer de retracer, de do­cu­­men­ter et d'illustrer au mieux sa genèse et son passé en sau­ve­gar­dant et en mettant en va­leur son patrimoine historique, de manière à mieux com­pren­dre ce qu'elle est de­ve­nue aujourd'hui et prévoir, si fai­re se peut, ce que pour­rait être son avenir. Cela, tout en lui permettant de légitimer l'affirmation et la reven­di­cation de son an­tériorité et de son esprit pionnier dans toute une série de compétences et de sa­voir-fai­re, qu'il s'agisse d'industrialisation, de pré­ci­sion chro­nomé­tri­que, de chro­­nométrage olympique, de premières mondia­les tant tech­niques qu'es­­thé­ti­ques, de distribution et de service après-vente planétaire ou de fiabilité incon­tes­ta­ble de ses montres, même sur la Lune. Last but not least, qu'il s'agisse en­fin de culture, avec l'inauguration en dé­cem­bre 1983, du Musée Omega, pre­mier mu­sée horlo­ger de marque du monde. Cela à l'initiative de la Fondation Adrien Brandt en faveur du patrimoine Omega, créée l'année précédente par Char­les L. Brandt, dernier descendant de la dynastie fondatrice à avoir exercé une ac­ti­vi­té au sein d'Omega.

En trente ans d'existence, les collections du Musée se sont mul­­ti­pliées par 25, passant de 400 ob­­jets en 1983 à près de 10 000 aujourd'hui, dont près de 2000 sont exposés. 
Parmi les acqui­si­tions  les plus marquantes, on citera la pre­mière mon­­­tre-bracelet à répétition mi­­nutes du monde datant de 1892, la pre­mière montre de poche por­tant la mar­que Ome­ga (1894), la montre de poche "Temple grec", lau­ré­­a­­te du Grand Prix de l'Expo­si­­tion uni­ver­sel­le de Paris en 1900, le chro­­no­graphe-bra­celet de Law­­rence d'Ara­bie (1915), la montre de po­che joaillerie à répétition mi­nu­tes du né­gus d'Abys­­si­nie (1929), la première mon­­tre de plongée du mon­de (1932), le chro­­no­graphe de po­che des pre­­miers JO chronométrés of­fi­ciel­le­ment par une seule et même mar­que (1932), le chro­no­mè­tre de bord dé­tenteur des records du monde de précision 1933 et 1936, records res­­tés à jamais inégalés, la Cente­na­ry du roi Frederick IX du Da­ne­mark (1948), la pre­miè­­re ca­mé­ra pho­to­­fi­nish mo­derne (1949), la mon­tre-bracelet de Soraya (1950), la Croix du Mérite Olym­pi­que honorant l'in­tro­duc­tion du quartz dans le chronométrage des JO (1952), la mon­tre-bracelet or de John F. Kennedy (1960), la première Speed­master por­tée en orbite par l'astro­nau­­te Walter Schirra en 1962, le Snoopy Award dé­cer­né par la NASA en 1970 pour rendre hommage au rôle ca­pital joué par ce chronographe dans le sauvetage de la mission Apollo 13, la statuette-pendulette La Prémonition des Ti­roirs de Sal­va­dor Dalí de 1973, la Ma­ri­ne Chronometer de 1974, montre-bracelet à quartz la plus pré­ci­se du mon­de, ou l'Omega Constellation platine jo­ail­lerie de 1958, re­cord du monde des ventes aux en­chè­res dans sa ca­té­go­rie (2007).

Durant ces 30 ans, les montres du Musée Omega ont été admirées par quel­que 100 000 visiteurs, dont de nombreux ministres, vice-mi­­­nistres, am­­bas­­sadeurs, prin­ces et autres people des milieux politiques, éco­no­mi­ques, scien­ti­fi­ques, spor­­­­tifs ou artistiques, du recordman du monde du 400 m Butch Reynolds au No 1 chinois Jiang Zemin en passant par l'as­tro­naute américain Deke Slayton, le cosmonaute russe Vladimir Dja­nibekov ou encore l'acteur an­glais Pierce Bros­nan, alias James Bond. Sans oublier une foule de jour­na­lis­tes, tant généralistes que pro­fes­sion­nels; ce qui s'est traduit par la publication de largement plus d'un millier d'ar­ti­cles de presse et la diffusion de plu­sieurs centaines d'émis­­sions de télévision sur les cinq continents. Où certaines d'entre elles, fré­quem­ment prê­tées aux dis­tri­bu­teurs de la marque ou à d'au­tres musées, ont aussi été vues par des cen­taines de milliers ou peut-être même des millions de per­sonnes. Ce qui a été tout bénéfice pour la réputation de la marque Ome­ga dans le monde entier, mais encore pour faire connaître le nom de Bienne à l'étran­ger ou faire dé­­cou­vrir la ville, ses res­taurants et ses hôtels et ses attraits touristiques par des co­hor­tes de gens in­té­res­sés et in­­téressants.

Autre activité importante du Musée : l'édition et la contribution à la réa­­li­sa­tion d'une quantité de publica­tions, brochures, plaquettes, ca­ta­lo­gues, films et autres ouvrages con­sa­crés à l'his­­­­toire d'Omega, dont les li­vres Omega Uhren en 1990, The Moon Watch en 1994, A Time Cap­sule - Speed­master en 1997, Ome­ga Saga et The Omega Book en 1998, De l'Alpha à l'Omega et Omega Sea­mas­ter Sto­­ries en 2003, Ome­­­ga Watches en 2005, The Master of Omega en 2006, Ome­ga Sport­watches, Great Olympic Mo­ments in Time et le volumi­neux Ome­ga, Voya­­ge à travers le Temps en 2007. Il a en outre prêté son con­­cours à la rédaction de plusieurs thèses et mé­moires de li­cen­ce par des étudiants des universités de Neu­­châtel, Zurich, St-Gall et Milan, ainsi qu'à une série de numéros spé­ciaux pu­bliés par diverses revues pro­fessionnelles, comme le Chronos Spécial Omega paru en 2008.

Mais le Musée n'est pas seulement un instrument de conservation, de do­cumentation, d'expo­si­tion et de re­­la­tions publiques : il a également ins­piré en l'an 2000 la création d'une nouvelle li­gne, baptisée "Ome­ga Museum Col­lec­tion", dans laquelle ont déjà été reproduites neuf répli­ques, esthétique­ment fidèles, mais tech­ni­quement mo­der­nisées, de mo­dè­les datant d'au moins 50 ans.

 

Voici encore un bref rappel de temps forts vécus par le Mu­sée :

  • début 1983 : suite à la création de la Fondation Adrien Brandt le 21 décembre 1982, Paul Peter, directeur général Omega, décide de créer un musée de la marque, au moment où l'avenir de celle-ci est des plus incertains. Un groupe de travail, animé par Jean-Claude Du­Pasquier (Ventes), Gaston Rode (Prototypes) et Marco Richon (In­formation), est chargé de sélectionner les montres, mouvements et autres objets dignes d'être exposés, de rédiger l'historique de la mai­son et les légendes des pièces présentées, ainsi que gérer l'équi­pe­ment des locaux retenus en vitrines, éclairages, sécurité, etc.
  • 16.12.1983 : inauguration de la première salle, au 1er étage nord du Foy­er Omega, plus escalier et le hall (ap­pa­reils de chronométrage), le tout en brun-beige
  • 14-16.12.1984 : exposition "La Rose des Temps" (env. 5000 visi­teurs)
  • avril 1985 : extension de l'exposition à la petite sal­le sud du Foyer
  • 19.09-19.10.1986 : exposition "Pierre Stampfli" (env. 3000 visiteurs)
  • novembre 1985 - novembre 1989 : crises Omega et mi­se en veilleuse du Musée, dont les achats seront fi­nancés dès avril 1988 par la vente de tourbillons-bra­celets retrou­vés, remis en état et revêtus d'un ha­bil­­­­­­­la­ge d'époque
  • avril 1991 : nouvelle extension à la grande salle du Foyer, restruc­tu­ra­­­tion et "relifting" de toute l'ex­po­sition qui, de brun-beige, devient gris souris
  • 17.10.1994 : création de la SAMO, à l'occasion des 100 ans de la mar­­­que
  • 12-13.06.1998 : journées "Portes ouvertes" du 150ème anniversaire de l'en­treprise (env. 10 000 visiteurs)
  • 24.09.1998 : vernissage du livre Omega Saga (en français)
  • 01.08.2002 : création d'une cellule Vintage destinée à répondre aux nom­­breuses demandes de renseignements et d'authentification
  • mai 2003-septembre 2004: gestion du concours Autriche "Die Ge­schichte Ihrer Omega" (11 000 cas à traiter) ; suivront les concours Bou­­tiques (2005), Chine et Mexique (2006) et Beverly Hills (2007), de moindre en­ver­gu­re
  • 11 novembre 2004 : célébration du 20ème anniversaire du Musée Ome­­­­­ga et du 10ème de la SAMO
  • 2005-2006 : contribution active à l'organisation de la vente aux en­chè­­­res thématique Omegamania, tenue à Ge­nè­ve les 15 et16 avril 2007 par la maison Antiquorum
  • janvier-février 2007 : rénovation complète du Musée (peinture, gai­na­ge, éclairage)
  • 18.07.2007 : lancement du livre Omega, Voyage à travers le Temps - Omega, Reise durch die Zeit - Omega, A Journey Through Time
  • 25.09.2009 : commémoration du 25ème anniversaire du Musée
  • 01.01.2010 : l'Américain Brandon Thomas, ex-expert de la maison de vente aux enchères Antiquorum, succède au conservateur Marco Richon, parti à la retraite fin 2009, et transforme radicalement la con­­figuration du Musée qui, agrandi d'un tiers et ayant fait com­plè­te­­ment peau neuve, est ré-inauguré le 3 mai.
  • fin novembre 2011 : mise en service du nouveau site internet : http://www.omegamuseum.com/
  • septembre 2012 : départ de Brandon Thomas, qui est remplacé par le Grec Petros Protopapas, souhaitons-lui d'avoir toujours en tête l'adage du poète français Pa­tri­ce de la Tour du Pin, qui disait "Les pays qui n'ont pas de légende sont condamnés à mourir de froid", et de continuer à entretenir le feu d'une marque légendaire pour que vive Omega.

Deux rappels utiles enfin :

La Fondation Adrien Brandt en faveur du patri­moi­ne Omega a été cré­ée le 21 décem­bre 1982 par le fils d'Adrien, Char­les-L. Brandt*, dans le but d'illustrer et de perpétuer l'his­toi­re de la mar­que de mon­tre Ome­ga, créée en 1894 par la Maison Louis Brandt et Frère, à Bien­­­­ne. Pour ce fai­re, elle peut récolter, conserver, en­tre­tenir et pré­ser­ver le plus pos­sible d'o­bjets en rapport avec l'entreprise et les mon­tres Omega. Ces pièces peu­­­­vent servir de mu­sée à l'entreprise qui ex­ploi­te cette mar­que, mais el­les ne peuvent pas être transférées hors de Suis­se.
Son Conseil se compose de sept membres, soit deux représentants de la fa­mil­le fondatrice, trois de la Bourgeoisie de Bienne et deux d'Ome­ga SA.

Pré­sidée depuis décembre 1991 par l'éditeur Marc Gassmann, la Fon­da­­tion est actuellement propriétaire d'environ un cinquième, en va­­­­­leur, du pa­­­­tri­­moine ex­po­sé ou con­­servé au Mu­sée Omega. Elle est éga­­­­­le­ment l'édi­tr­i­­ce du livre Ome­ga Saga, publié en 1998, année du 150ème an­ni­ver­sai­re de l'en­treprise.

* Adrien Brandt (1882-1955) est le fils de Louis-Paul (1854-1903) et le petit-fils de Louis Brandt (1825-1879), qui avait fondé l'entreprise en 1848 à La Chaux-de-Fonds. Avec son frè­re ca­det César (1858-1903), Louis-Paul avait transféré cette dernière à Bienne en 1880 pour la trans­­former en une manufacture qui donnera naissance à la marque Omega en 1894. Adrien en as­su­mera la présidence du conseil d'administration de 1914 à son décès en 1955. Quant à son fils Charles (1916-2007), il re­vêtira la charge d'administrateur-délégué d'Omega de 1968 à 1971, an­née où il sera promu pré­si­dent de son conseil d'administration, poste qu'il occupera jus­qu'à son départ à la retraite en 1981.

La Société des Amis du Musée Omega - SAMO a été créée le 17 oc­to­bre 1994, année du cen­te­naire de la mar­que, à l'initiative de Charles-L. Brandt et sous le pa­tro­na­ge de la Fondation pré­ci­tée. El­le a pour but de re­grouper toutes les per­son­­nes désireuses de soute­nir le Mu­sée Ome­ga ou de partici­per à son dé­ve­­loppement, à son rayon­nement et à son enrichis­se­­ment par le biais de leurs contributions, dons, sub­ven­tions et legs, ainsi que par leurs travaux, témoignages et conseils. Elle a égale­ment pour ob­jec­­tif d'ap­pro­fon­dir et d'affiner l'histoire de l'entre­prise. De 120 membres à ses dé­buts, elle en compte près de 200 au­jour­­d'hui. Il s'agit essentielle­ment de re­­traités de la maison, qui re­pré­sen­tent la mé­moi­re vivante de son évolution et de son sa­voir-faire. Ses or­ganes sont l'Assemblée générale annuelle, le Comité, présidés l'un et l'au­tre depuis mai 2013 par l'ex-cadre Finances d'Omega et du Swatch Group Jacques-Alain Voirol, ainsi que les Groupes de travail, animés par les membres les plus actifs et qui se sont spécialisés dans dif­fé­rents domaines (technique, es­thé­­­­ti­que, commer­cial, promotion­nel, chro­nométrage, etc.). Leurs con­­­­naissances, expériences et souvenirs ont été jusqu'ici très uti­les à l'en­richis­se­ment du Musée, ainsi qu'à l'éla­bo­ra­tion et au contrô­le des li­vres Ome­ga Saga et Omega, Voyage à travers le Temps.

 

MR - 03.03.2014